Le « chastel » de Béhéricourt est cité « avec ses jardins » par l’un de ses seigneurs, Jean de Coustes qui fut dans sa jeunesse page de Jeanne d’Arc. Au XIIIe siècle, leur situation séduit. Depuis ces jardins on découvre largement la vallée de l’Oise et l’on apprécie leurs atouts stratégiques entre le château de Coucy à l’ouest et la cathédrale de Noyon toute proche à l’est.
Le château au centre du paysage
Le projet vise à replacer le château au cœur de la composition paysagère et à renouer le dialogue qu’il entretenait autrefois avec le grand paysage. Depuis ses façades, le regard peut à nouveau se déployer vers l’horizon selon un vaste mouvement en éventail, révélant les relations entre l’architecture, le parc et les lointains.
Cette recomposition s’appuie sur une gestion différenciée du domaine. Les surfaces tondues et les prairies libres dessinent la structure du projet avec sobriété. Le dessin général ménage les grandes respirations paysagères et les perspectives ouvertes. Le château retrouve ainsi son rôle de point focal, tandis que le paysage s’organise autour de lui selon un jeu d’ouvertures, de cadrages et de transparences qui se déploient en éventail dans toutes les directions.
L’un des rayons de cet éventail conduit au potager. Une promenade périphérique, évoquant le parcours d’un cloître, accompagnera le visiteur au sein d’un jardin nourricier où légumes, fleurs, plantes aromatiques et médicinales se mêlent autour d’un bassin. L’épaississement des plantations en périphérie créera un écrin d’intimité propre à renouveler l’esprit des jardins médiévaux tout en l’inscrivant dans une écriture contemporaine. Le potager deviendra ainsi le lieu le plus précieux du domaine : un espace de vie, de contemplation et de biodiversité, placé au croisement du patrimoine, du paysage et des usages d’aujourd’hui.


















