Le parc
Installée sur un parc de 6,5 hectares, l’abbaye de Royaumont fut édifiée dans un nid de verdure au nord de l’Ile-de-France, entre une forêt et de vastes étangs. Les alentours de l’abbaye ont conservé certaines de ses caractéristiques médiévales. Les moines captaient une source distante de 3 km pour l’alimentation et les ablutions ; ils canalisaient aussi, loin en amont, deux rivières qui se subdivisaient en un bras contournant l’abbaye, tandis que l’autre rentrait dans le domaine et traversait les latrines qu’il nettoyait avant de devenir souterrain. Ces canaux sont encore visibles aujourd’hui. Durant la première moitié du XIXe siècle, Royaumont fut transformée en filature et de nouveaux canaux se greffèrent aux anciens pour apporter l’énergie aux machines et aider au nettoyage des étoffes. Plus tard, le canal, destiné aux besoins de la blanchisserie, fut agrandi en grands miroirs dans le seul souci d’agrémenter le parc. Aujourd’hui, ces canaux qui ont perdu leur vocation première constituent l’un des éléments décoratifs les plus attrayants du parc.
A partir de 1869, des religieuses installent un noviciat. Elles firent dessiner des allées le long des canaux. Un style mixte caractérise depuis lors ce parc qui voit alterner parties régulières et pelouses géométriques, avec des bosquets et une grotte. La structure actuelle du parc est restée celle du XIXe siècle et il est toujours aussi agréable de s’y promener à l’ombre des marronniers.
Le jardin du cloître
On ne sait si, au Moyen Âge, il était planté d’herbes médicinales ou laissé nu, comme l’austérité cistercienne le commande. Mais, au XIXe siècle, les religieuses de la Sainte-Famille de Bordeaux découpèrent cet espace en 4 parties autour d’un bassin et, en 1912, la famille Goüin, alors propriétaire de l’abbaye, confia au paysagiste Achille Duchêne le soin de le redessiner. Il le transforma en un ravissant petit jardin à la française, dans un style librement inspiré des parterres à compartiments de la Renaissance. La restauration du jardin, en 2010, acheva les travaux du cloître entrepris depuis 1996.
Dans l’architecture et le décor du cloître, les végétaux sont stylisés, simplifiés et suggèrent la maîtrise de la nature qui doit rester harmonieuse. L’artiste plasticien Yann Toma a conçu l’œuvre permanente Geysir Ouest-Lumière pour le bassin central. Au repos, l’œuvre est consignée dans le cadre d’une citerne souterraine et du bassin lui-même. En phase active, elle culmine à une hauteur de sept mètres. Juste avant le jaillissement du geyser, on constate un effet de bouillonnement progressif qui préfigure l’événement.
Le jardin des 9 carrés
Créé en 2004 par Damée, Vallet & Associés Paysagistes (DVA), le jardin d’inspiration médiévale, dit Jardin des 9 carrés, évocation paysagère du monde médiéval, est conçu pour accueillir des expositions sur les plantes, leurs usages et les regards que l’on porte sur elles. Ce jardin explore, à chaque nouvelle collection de plantes, un aspect du rapport complexe de l’homme avec la nature au Moyen Âge comme à l’époque moderne. La structure du jardin, en osier vivant tressé, enserrée entre le réfectoire et les cuisines des moines, est visible toute l’année et les plantes restent en place de façon naturelle tout au long de leur cycle. La première exposition conçue et organisée par DVA portait sur les plantes d’Hildegarde de Bingen, sainte et savante illustre du Moyen Âge. En 2007, c’est un voyage coloré dans le monde de la teinture végétale du Moyen Âge à nos jours qui était proposé ; en 2010, une évocation de la magie des plantes. Depuis 2013, une nouvelle collection de plantes, « signes et emblèmes », amène le public à découvrir comment la symbolique des plantes, toujours prégnante aujourd’hui, s’est intégrée à notre culture.
Le Potager-Jardin
Conçu en 2013 par les paysagistes Astrid Verspieren et Philippe Simonnet, ce nouvel espace concilie la structure du potager traditionnel et un mode de production original des végétaux comestibles. Aux classiques et emblématiques alignements de poireaux, choux et carottes, les concepteurs opposent une organisation culturale libre et irrégulière en cellules potagères, inspirée des jardins anglais. Largement expérimental, proche de la permaculture, ce système s’appuie sur les capacités de régénération et de réensemencement naturel propre à chaque plante.
Avec en son cœur une « cabane du jardinier », création architecturale contemporaine, le Potager-Jardin est un terrain d’innovations dans le domaine des cultures potagères, un laboratoire de la biodiversité. L’arrosage n’est théoriquement pas nécessaire ; seule l’acclimatation de nouvelles espèces le nécessite. Au total, la parcelle de 9 000 m² accueille 130 variétés de végétaux comestibles et 60 arbres fruitiers (pommiers, poiriers, cerisiers) palissés ou de plein-vent.
Le Potager-Jardin est un lieu d’inspiration et d’expression pour les artistes, un espace voué au calme et à la détente, un jardin de découverte pédagogique.
La légumothèque
Au printemps 2017, le Potager-Jardin s’est enrichi d’un dispositif ludique qui permet aux enfants et à ceux qui les accompagnent de découvrir et d’observer la diversité des plantes comestibles : la légumothèque.































